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Ne nous laisse pas entrer en tentation

Modification de la prière du Notre Père dès le premier dimanche de l'Avent...


Le premier dimanche de l’Avent, dans tous les diocèses de France, nous adopterons une modification dans la prière du  « Notre Père » . La sixième demande, -« Ne nous soumets pas à la tentation »-, devient « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Il faudra sans doute un peu de temps pour assimiler ce petit changement dans la prière chrétienne qui est la mieux mémorisée...

Une traduction est toujours difficile : Jésus parlait araméen, l’Évangile a été écrit en grec, puis traduit en latin avant de nous arriver dans notre langue maternelle !  La formulation que nous allons abandonner n’était pas fautive au plan exégétique, mais l’expression « ne nous soumets pas à la tentation » peut être mal interprétée : elle laisse entendre que Dieu pourrait nous soumettre à la tentation, nous éprouver en nous sollicitant au mal. Ceci est évidemment contraire aux Écritures : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : " Ma tentation vient de Dieu ". Dieu, en effet ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne »  (Lettre de Saint Jacques  1,13). Par ailleurs, la nouvelle traduction fait parfaitement écho à l’exhortation de Jésus au jardin de Gethsémani : « Priez, pour ne pas entrer en tentation » (Luc 22,46).

Au-delà d’une simple question de vocabulaire, le petit changement que nous allons vivre doit nous inciter à redécouvrir « la prière du Seigneur ». C’est ainsi que l’on désigne le « Notre Père ». Elle est, en effet, la prière que Jésus nous a apprise, -donnée-, répondant à la demande de ses disciples : « Apprends-nous à prier » (Luc 11, 1). Elle est, de ce fait, la prière par excellence, le modèle de toute prière : Jésus nous fait entrer dans sa propre prière et participer à sa vie filiale. Saint Augustin dit, dans la lettre qu’il adresse à Proba, que la prière du Seigneur contient et achève toute prière : « Si tu parcours toutes les formules des prières sacrées, tu ne trouveras rien, je crois, qui ne soit contenu dans cette prière du Seigneur et n’y trouve sa conclusion. On est donc libre, lorsque l’on prie, de dire les mêmes choses avec des paroles diverses, mais on n’est pas libre de dire autre chose ».

Nous avons si bien mémorisé la prière du « Notre Père », que nous pouvons la réciter (quel vilain mot pour une prière !) sans y prêter attention. Or, elle est « le résumé de tout l’Évangile ». Bien plus qu’une formule de prière, elle est un chemin de vie spirituelle. Elle reprend tout le mystère du Christ, en tant que passage de la mort à la vie. Il « nous délivre du mal »  et, en Lui, nous pouvons dire en vérité : « Notre Père ».

Mgr Yves Boivineau,
Edito de la revue Catholique 74, novembre 2017