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Pâques . « Et le Verbe s’est fait chair »

Message de Pâques Monseigneur Boivineau

« Et le Verbe s'est fait chair »

 

Retrouvez ici l'éditorial de Mgr Yves Boivineau parue dans le mensuel "Catholiques 74" du mois d'avril.

Voici la Grande Semaine où les chrétiens font mémoire de la Passion, de la mort et de la Résurrection de Jésus, le Christ : nous sommes au cœur du cœur de la foi. Nous suivons Jésus de la dernière Cène au Jardin des Oliviers, au Golgotha, jusque dans le silence du tombeau.

... Il n’y a pas de commentaire plus percutant du Prologue de saint Jean : « Et le Verbe s’est fait chair ». Jésus n’est pas venu dans un monde de rêve, mais bien sur notre terre aux prises avec le mal et la mort. Être de chair et de sensibilité, comme chacun d’entre nous, Jésus a assumé la finitude qui est la nôtre : « Il n’est pas incapable de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché » (He 4, 15).

La Résurrection est le sceau qui authentifie l’Incarnation : le Ressuscité porte les marques de la Passion et de la crucifixion. La joie du matin de Pâques n’est donc pas la négation de l’agonie, de la croix, du tombeau. La mort n’a pas eu – et elle n’aura pas ! – le dernier mot, mais nous savons bien qu’elle est là. Croire au Christ ressuscité nous ancre dans le réel de notre condition humaine. La foi ne nous fait pas échapper à notre fragilité et elle ne nous dispense pas de la croix : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Lc 9, 23). Pourrions-nous recevoir la lumière de Pâques si nous éludons la Passion et la Croix ?

Jésus a vécu, il est mort, il est ressuscité « pour nous et notre salut ». Il n’est pas mort à notre place, mais à notre tête : « c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé » (Is 53, 4). Nous ne sommes pas seuls. "Premier de cordée", il nous précède et nous entraîne dans ce retour vers le Père : en lui et avec lui, l’Alliance est accomplie. Dans cette nouvelle naissance, là où la tête est passée, il faudra bien que tout le corps suive !

Mais nous sommes en chemin. « Nous avons été sauvés, mais c’est en espérance », écrit saint Paul, évoquant la lourde question du mal et de la souffrance : « La création passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore...  Nous aussi… » (Rm 8, 22-24). L’espérance chrétienne purifie le regard pour percevoir toutes ces petites fleurs d’amour, de tendresse et de compassion qui égaient ce monde en souffrance. Elle n’est pas attentisme : si elle habite vraiment nos cœurs, elle se traduit concrètement dans des attitudes et des gestes qui sont autant de victoires.

Christ est vraiment ressuscité !

Monseigneur Yves Boivineau, Catholiques 74

 

NB: "Catholiques 74" est une nouvelle revue qui remplace et combine Eglise d'Annecy et La Page de Saint André