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Interpelé et appelé au diaconat permanent

Le 22 novembre à 15h, en l’église de Saint Julien, je suis appelé à être ordonné au diaconat permanent. Ce jour, nous allons célébrer le Christ serviteur.

 

Le 22 novembre à 15h, en l’église de Saint Julien, je suis appelé à être ordonné au diaconat permanent. Ce jour, nous allons célébrer le Christ serviteur. Dans l’appel et l’ordination, nous célébrons l’amour qui fait jaillir la vie en se mettant au service. Nous célébrons le quotidien des épouses et des mères qui, par des gestes répétitifs, font le cœur de la vie dans les familles composées, décomposées ou recomposées. Nous célébrons les personnes qui, dans le monde de la santé et du social, en font leur métier : ils mettent toute leur compétence, leur temps et leur énergie au service de la fragilité pour que la vie et la dignité aient le dernier mot. Nous célébrons les membres des associations qui font du service une gratuité dans un monde de compétition et de profit. Nous célébrons les personnes malades et handicapées qui bouleversent nos vies et nos sociétés en nous disant : j’ai besoin de toi, j’ai confiance en toi.

Alors, après déjà deux interpellations durant  ces dernières vingt années - où mon esprit a combattu sur les notions de laïc ou pas laïc, homme et pourquoi pas des femmes pour l’ordination - je me suis laissé interpeller car ce n’est pas moi qui est demandé. Si l'Église m’interpelle, n’est ce pas encore le Seigneur qui me propose un chemin de vie ? Le même Seigneur qui m’a déjà sauvé tant de fois de ma toute puissance, qui m’a libéré déjà de tant d’esclavages intérieurs, qui m’a sauvé lorsque des forces de mort voulaient ma peau ou celle de mes proches ?

Lorsque vous me verrez allongé en croix, priez pour moi afin que, comme un mendiant de fraternité, je puisse aller à la rencontre des plus vulnérables.

Annick, mon épouse, semble prête. Alors, nous disons oui au discernement, au début d’un chemin de questionnement qui va durer quatre années. Durant ces quatre années, j’ai découvert combien je suis devenu l’être que je suis, grâce à l’épouse que la vie m’a donnée, grâce aux enfants qui m’ont donné le désir de construire un monde pour eux plus fraternel, grâce à  cette Église qui m’a fait devenir adulte dans ma foi, qui m’a fait grandir en me donnant sa confiance en m’envoyant en mission, et bien sûr, grâce au Christ qui m’a bousculé tant de fois dans des rencontres inattendues. Alors comment ne pas dire oui, au cœur de mes fragilités, de mes handicaps et de mes doutes ? Bien sûr, je ne suis pas digne de ce qui m’est demandé, mais je désire  que le Christ ordonne ce qui est chaotique dans ma vie personnelle, dans ma vie familiale, dans la vie d’Église, dans la société, afin que la vie puisse continuer à jaillir en abondance dans le corps de mes relations et de ma vie. J’ai dit oui pour garder l’audace de vivre avec tous ceux qui n’ont plus rien à espérer,  puisant dans le Christ, l’Église, la Parole et la prière. Lorsque vous me verrez allongé en croix, priez pour moi afin que, comme un mendiant de fraternité, je puisse aller à la rencontre des plus vulnérables.

Le jour de mon ordination, c’est un appel collectif  à  continuer à construire ensemble une Église, une société  à l’image de ces épouses, ces mères, ces soignants, ces associations et leurs gratuités, ces personnes malades et handicapées, à ce Christ servant qui va jusqu’au bout du don, au bout de l’amour.

J’ai soif de cette source pour continuer à garder dans mon cœur la conviction de Diaconat 74: « nul n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager  ».

article à paraître dans Église d'Annecy de novembre 2015